Guide technique de chantier
Comment se déroule la construction d’une salle blanche ?
La construction d’une salle blanche suit une succession d’opérations techniques dont l’ordre doit être coordonné : préparation de la structure, montage de l’enveloppe, installation de la ventilation, intégration des utilités, réalisation du sol, nettoyage, réglages et qualification.
Le déroulement présenté ci-dessous constitue un exemple représentatif. Le phasage exact varie selon le bâtiment, la classe ISO recherchée, les équipements à intégrer, les contraintes du process et la disponibilité des zones techniques.
Avant le premier montage
Les données qui doivent être définies avant le chantier
La construction ne peut commencer correctement que lorsque les interfaces entre le bâtiment, l’enveloppe propre, la ventilation et les équipements de process ont été suffisamment définies.
Implantation
Dimensions, hauteurs disponibles, circulations, sas, accès de maintenance et position des équipements.
Performances
Classe ISO, pressions différentielles, débits d’air, température, hygrométrie et niveau de qualification.
Interfaces bâtiment
Portance du sol, points d’ancrage, réservations, accès de livraison et charges admissibles.
Réseaux techniques
Électricité, eau glacée, chauffage, condensats, air comprimé, gaz de process et liaisons informatiques.
Logistique
Ordre des livraisons, moyens de levage, stockage, protections et maintien de l’activité autour du chantier.
Propreté progressive
Séparation des zones, protections, nettoyage intermédiaire et limitation graduelle des travaux générateurs de poussière.
Cette page décrit le montage. Les choix de flux, d’implantation, de matériaux et de pressions relèvent de la conception technique.
Travail préparatoire en atelier
Préfabrication de la charpente et des éléments spécifiques
Une structure métallique indépendante peut être nécessaire lorsque le bâtiment existant ne permet pas de reprendre directement les charges du plafond, des gaines, des plénums, des filtres ou des équipements de traitement d’air.
Les éléments spécifiques sont préparés autant que possible en atelier. Cette préfabrication limite les opérations de découpe et de soudure sur le site et facilite ensuite leur assemblage.
Les pièces sont repérées conformément aux plans de montage afin de respecter la géométrie prévue et la position des futurs équipements.
Voir les autres vues du travail en atelier
Montage sur le site
Implantation et assemblage de la structure porteuse
Après le traçage des axes, les colonnes, les poutres et les contreventements sont positionnés suivant le plan d’implantation. La verticalité, l’alignement et les niveaux sont vérifiés avant le serrage définitif.
La structure crée une ossature capable de reprendre les charges de la salle blanche sans imposer au bâtiment des efforts qui n’auraient pas été prévus lors de sa construction.
Elle doit aussi préserver les passages nécessaires aux équipements existants, aux réseaux, aux moyens de manutention et aux accès de maintenance.
Voir une autre vue de la structure sur site
Enveloppe de la salle propre
Pose des panneaux de cloison et de plafond
Les panneaux forment l’enveloppe intérieure de la salle blanche. Leur type, leur âme isolante, leur épaisseur et leur finition sont choisis en fonction des portées, de la réaction au feu recherchée, des contraintes thermiques et du niveau de finition demandé.
Le montage commence généralement par les cloisons principales et les profils de départ. Les panneaux de plafond sont ensuite posés sur leur support en conservant les réservations nécessaires.
Les raccords entre les panneaux, les plafonds, les sols et les menuiseries doivent former une enveloppe continue, nettoyable et suffisamment étanche pour permettre la maîtrise des pressions.
Voir les autres vues du montage des panneaux
Aménagement intérieur
Découpes, menuiseries, profils et finitions nettoyables
Après la fermeture de l’enveloppe, les découpes et les intégrations intérieures sont finalisées : portes, vitrages, luminaires, prises, grilles, passages de câbles et équipements encastrés.
Les jonctions sont traitées afin de limiter les zones de rétention de poussière et de faciliter le nettoyage. Des profils arrondis peuvent être placés dans les angles lorsque l’usage le justifie.
Toute traversée créée dans l’enveloppe doit ensuite être refermée et rendue compatible avec le niveau d’étanchéité attendu.
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Traitement et distribution de l’air
Montage des CTA, gaines, plénums et réseaux de reprise
La centrale de traitement d’air, les gaines de soufflage, les reprises, les plénums et les terminaux doivent former un réseau cohérent avec les débits et les pressions définis pendant les études.
Les gaines circulaires sont souvent utilisées pour les petites distributions. Les gaines rectangulaires permettent de transporter des débits plus importants ou de s’adapter à la hauteur disponible.
Les réseaux sont supportés indépendamment, isolés lorsque cela est nécessaire et maintenus accessibles pour le contrôle, le nettoyage, le réglage et la maintenance.
Voir les autres étapes du montage CVC
Le rôle de la CTA, des batteries, des ventilateurs et de la régulation est détaillé dans un guide technique distinct.
Raccordements techniques
Installation de l’électricité, de la régulation et des utilités
Les réseaux techniques sont intégrés en tenant compte des besoins du process et des conditions d’entretien. Ils peuvent comprendre la puissance électrique, les automatismes, les sondes, l’eau glacée, le chauffage, les condensats, l’air comprimé ou certains gaz.
Les équipements situés à l’intérieur de la salle sont implantés de manière à rester nettoyables. Les vannes et organes nécessitant une maintenance régulière sont, lorsque cela est possible, placés dans les zones techniques.
Les câbles et tuyauteries traversant les panneaux doivent être repérés, protégés et rendus étanches après leur installation.
Voir les autres exemples d’utilités
Derniers travaux générateurs de poussière
Préparation du support et réalisation du revêtement de sol
Le revêtement est généralement réalisé après les principales opérations de montage, de percement et de manutention lourde. Le support doit être préparé, réparé, dépoussiéré et contrôlé.
Lorsque des reprises d’air sont prévues dans le sol, les percements, les réservations et les raccordements doivent être réalisés avant la finition définitive.
Le choix du revêtement dépend des sollicitations mécaniques, du protocole de nettoyage, des produits employés, du risque électrostatique et des exigences du secteur.
Sol en résine époxy
L’époxy permet d’obtenir une surface continue. Selon le système retenu, il peut être adapté aux charges mécaniques, aux produits chimiques et aux contraintes électrostatiques.
- Surface continue
- Finition facilement nettoyable
- Différents niveaux de résistance
- Remontées en plinthe possibles
Sol souple PVC de type Mipolam
Le revêtement PVC est collé sur un support préparé. Les lés sont soudés et peuvent remonter en plinthe pour assurer la continuité avec les cloisons.
- Joints thermosoudés
- Remontées en plinthe possibles
- Bonne intégration dans les laboratoires
- Versions dissipatives ou conductrices
Préparation et réalisation d’un sol époxy
Pose d’un revêtement PVC de type Mipolam
Voir une autre réalisation de sol souple
Passage du chantier à l’installation contrôlée
Nettoyage, mise en service, réglages et qualification
Lorsque les travaux générateurs de poussière sont terminés, le chantier entre dans une phase de propreté renforcée. Les équipements sont contrôlés progressivement avant les essais de performance.
Contrôles électriques
Vérification des câblages, sécurités, moteurs, actionneurs, variateurs, alarmes et remontées d’information.
Contrôles hydrauliques
Vérification des circuits, vannes, pompes, débits, purges, évacuations et absence de fuite.
Nettoyage approfondi
Évacuation des protections, aspiration et nettoyage méthodique des surfaces intérieures.
Filtration terminale
Installation ou déprotection des filtres après les opérations susceptibles de les contaminer.
Équilibrage aéraulique
Réglage des débits, des reprises et des pressions différentielles entre les différents locaux.
Réglage de la régulation
Paramétrage des consignes, des horaires, des alarmes et des séquences de fonctionnement.
Essais de performance
Mesure des débits, pressions, températures et contrôle du fonctionnement des équipements.
Qualification
Comptage particulaire, contrôle des filtres et autres essais prévus par le protocole du projet.
La qualification est réalisée selon les performances attendues et les essais définis pour le projet.
Méthode de chantier
La propreté doit progresser avec l’avancement des travaux
Une salle blanche ne devient pas propre uniquement grâce à un nettoyage final. Le niveau de maîtrise doit augmenter à mesure que l’enveloppe se ferme et que les éléments sensibles sont installés.
Chantier conventionnel
Structure, percement, découpe et manutention lourde avec les protections adaptées.
Zone protégée
Limitation des poussières, séparation des activités et nettoyages intermédiaires.
Zone propre
Accès maîtrisés, outillage nettoyé et fin des travaux fortement contaminants.
Préqualification
Nettoyage final, mise en fonctionnement, stabilisation et mesures.
Questions techniques
FAQ sur le déroulement d’un chantier de salle blanche
Pourquoi construire une charpente indépendante ?
Une charpente indépendante est utilisée lorsque le bâtiment ne peut pas reprendre directement les charges du plafond, des gaines, des filtres et des équipements techniques. Elle permet aussi de maîtriser les points de suspension et les accès de maintenance.
Faut-il monter les panneaux avant les gaines de ventilation ?
Il n’existe pas un ordre unique pour tous les projets. Certaines gaines ou certains équipements doivent être introduits avant la fermeture complète du plafond. Le phasage dépend donc de l’accessibilité, du poids des équipements et du bâtiment.
Pourquoi le revêtement de sol est-il réalisé assez tard ?
Les opérations de percement, de levage et de manutention risquent de détériorer un sol terminé. Le revêtement est généralement posé après les travaux lourds, lorsque le support peut être préparé et maintenu propre.
Comment choisir entre époxy et Mipolam ?
Le choix dépend des charges mécaniques, des produits de nettoyage, de la résistance chimique, des exigences électrostatiques et du support existant. L’époxy forme une surface continue, tandis que le PVC est posé en lés avec des joints soudés.
À quel moment les filtres HEPA sont-ils installés ?
Les filtres terminaux sont généralement installés ou déprotégés après les travaux les plus poussiéreux et après un nettoyage approfondi. Cette précaution réduit les risques d’encrassement et d’endommagement avant les essais.
La mise en service et la qualification sont-elles identiques ?
Non. La mise en service vérifie le fonctionnement et permet de régler les installations. La qualification documente ensuite les performances obtenues au moyen des essais définis pour le projet.
De la description technique au projet réel
Vous préparez la construction d’une salle blanche ?
Cette page décrit le déroulement technique du chantier. Pour découvrir la prise en charge globale d’un projet, consultez la page consacrée à la construction de salles blanches ou transmettez les premières données de votre besoin.